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Antibiotiques avant l’intervention. Mais que se passe-t-il pendant les 364 autres jours?

Antibiotica vóór de ingreep. Maar wat gebeurt er tijdens de andere 364 dagen? - Lumoral.

Pourquoi l’antibioprophylaxie chez certains patients à haut risque ne constitue qu’un élément d’une stratégie préventive plus large.

Une extraction dentaire ou une intervention de chirurgie orale ne dure peut-être qu’une heure. Lorsqu’elle est indiquée, l’antibioprophylaxie consiste généralement en une dose unique administrée avant le traitement. Pourtant, l’exposition aux bactéries de la bouche ne se limite pas à ce seul moment passé au fauteuil dentaire.

Des gestes quotidiens comme le brossage, le nettoyage interdentaire et la mastication peuvent également entraîner le passage temporaire de bactéries buccales dans la circulation sanguine. Cela peut sembler inquiétant, mais cela ne signifie surtout pas que se brosser les dents est dangereux. Au contraire : lorsque les gencives sont saines et saignent moins facilement, une voie d’entrée potentielle importante pour les bactéries est mieux maîtrisée.

La prévention de l’endocardite ne commence donc pas juste avant un acte dentaire. Elle commence par les soins bucco-dentaires de chaque jour.

Les principales conclusions

  • L’endocardite infectieuse est rare, mais grave. Les recommandations européennes estiment que la mortalité pendant l’hospitalisation reste comprise entre 15 et 30 %.
  • L’antibioprophylaxie est réservée à certains patients à haut risque lors d’actes dentaires invasifs. Le cardiologue et le dentiste évaluent chaque situation individuellement.
  • Des gestes quotidiens peuvent également provoquer une bactériémie transitoire, surtout lorsque les gencives sont enflammées et saignent facilement.
  • Les antibiotiques administrés autour d’une intervention ne remplacent pas une bonne hygiène bucco-dentaire. Un brossage deux fois par jour, la maîtrise de la plaque et de l’inflammation gingivale ainsi qu’un suivi professionnel régulier restent fondamentaux.

Qu’est-ce que l’endocardite infectieuse ?

L’endocardite infectieuse est une infection de la paroi interne du cœur, le plus souvent au niveau d’une ou de plusieurs valves cardiaques. Des bactéries — et, beaucoup plus rarement, des champignons — peuvent atteindre le cœur par la circulation sanguine et s’y fixer.

Cette affection est rare, mais elle peut mettre la vie en danger. Les personnes présentant certaines anomalies structurelles du cœur courent notamment un risque accru de complications graves.

Les groupes à haut risque comprennent notamment les personnes :

  • porteuses d’une prothèse valvulaire ou de matériel prothétique utilisé pour réparer une valve cardiaque
  • ayant déjà souffert d’une endocardite infectieuse
  • présentant certaines cardiopathies congénitales

Cette liste ne permet pas de déterminer soi-même son niveau de risque et n’est pas exhaustive. Toute personne atteinte d’une affection cardiaque n’appartient pas automatiquement au groupe à haut risque. Le cardiologue et le dentiste traitants doivent procéder à une évaluation individuelle.

Quand une antibioprophylaxie est-elle envisagée ?

Le guide belge BAPCOC de mai 2026 indique qu’une antibioprophylaxie peut être envisagée chez les patients à haut risque qui subissent un acte dentaire invasif. Il s’agit d’interventions qui impliquent une manipulation de la gencive ou de la région périapicale de la dent, ou une perforation de la muqueuse buccale. Les extractions, la chirurgie orale ou parodontale, le nettoyage dentaire professionnel et certains traitements canalaires en sont des exemples. Les recommandations européennes de l’ESC de 2023 formulent une recommandation plus forte pour les patients à haut risque qui subissent de tels actes.

L’évaluation tient compte de la nature précise de l’affection cardiaque, du traitement prévu, de l’état de la bouche, des allergies éventuelles et des informations fournies par l’équipe de cardiologie. L’antibioprophylaxie peut réduire le risque, mais elle n’offre pas de protection absolue et peut également provoquer des effets indésirables.

Le principe essentiel reste le même : les antibiotiques ne sont pas destinés à tous les patients cardiaques ni à tous les rendez-vous chez le dentiste. Le cardiologue et le dentiste déterminent ensemble si une prophylaxie est indiquée et quel médicament peut être utilisé en toute sécurité. Ne prenez jamais d’antibiotiques de votre propre initiative.

La prévention va au-delà d’une seule dose d’antibiotique

L’antibioprophylaxie cible un moment bien défini : un acte dentaire susceptible de faire passer des bactéries dans la circulation sanguine chez un patient à haut risque. Une bouche saine demande, quant à elle, une attention quotidienne.

Les recommandations actuelles de l’ESC préconisent un brossage des dents deux fois par jour. Pour les patients à haut risque, un nettoyage dentaire professionnel et un contrôle sont recommandés au moins deux fois par an ; pour les autres groupes à risque, au moins une fois par an. L’inflammation gingivale, les caries et les infections dentaires peuvent ainsi être détectées et traitées précocement, avant qu’un acte plus important ne devienne nécessaire.

Une hygiène bucco-dentaire quotidienne optimale et un suivi dentaire régulier constituent donc la base de la prévention. Ils n’excluent pas l’antibioprophylaxie lorsqu’elle est médicalement indiquée, mais répondent à un autre aspect de la protection, beaucoup plus durable.

Pourquoi les soins bucco-dentaires quotidiens sont-ils si importants ?

Lorsque la plaque s’accumule le long et sous le bord de la gencive, celle-ci peut s’enflammer. Rougeur, gonflement et saignement indiquent que la barrière naturelle ne fonctionne pas de manière optimale.

Lors du brossage, du nettoyage interdentaire ou même de la mastication, une petite quantité de bactéries peut alors passer brièvement dans la circulation sanguine. Cette bactériémie transitoire survient aussi chez les personnes en bonne santé et n’entraîne presque jamais une endocardite. Elle mérite toutefois une attention particulière chez une personne présentant une valve cardiaque vulnérable ou une autre affection à haut risque.

Comme ces gestes quotidiens se répètent des centaines de fois par an, l’exposition cumulée peut être plus importante que celle liée à un seul acte dentaire. Les sources belges et européennes insistent donc sur la santé bucco-dentaire ainsi que sur le traitement précoce des inflammations gingivales et des infections dentaires.

Encore une fois, des gencives qui saignent ne constituent pas une raison de moins se brosser les dents. Elles indiquent au contraire qu’il faut améliorer les soins bucco-dentaires et consulter un dentiste ou un hygiéniste dentaire.

Que pouvez-vous faire vous-même ?

Ces mesures sont particulièrement importantes pour les personnes présentant un risque accru d’endocardite infectieuse :

  1. Informez votre dentiste de votre affection cardiaque. Signalez également tout antécédent d’endocardite, la présence d’une prothèse valvulaire, une réparation valvulaire ou une cardiopathie congénitale.
  2. Brossez-vous soigneusement les dents deux fois par jour avec un dentifrice fluoré. Nettoyez également les espaces interdentaires selon les conseils de votre professionnel de santé bucco-dentaire.
  3. Ne négligez pas des saignements gingivaux, une douleur, un gonflement ou un abcès dentaire. Faites évaluer rapidement ces problèmes avant qu’une intervention plus importante ne soit nécessaire.
  4. Prévoyez un suivi professionnel régulier. L’ESC recommande aux patients à haut risque au moins deux contrôles et nettoyages dentaires professionnels par an.
  5. Discutez à l’avance des soins dentaires invasifs prévus. Votre dentiste et votre cardiologue pourront déterminer si une antibioprophylaxie est nécessaire.
  6. N’utilisez jamais de votre propre initiative des antibiotiques restants. La conduite à tenir dépend de votre situation médicale, de vos allergies et du traitement prévu.

Les soins de la peau, la désinfection des plaies et le traitement rapide des infections font également partie de la prévention de l’endocardite. L’ESC déconseille en outre aux personnes présentant un risque accru de se faire poser des piercings ou réaliser des tatouages.

Quelle peut être la place de Lumoral ?

Le brossage et le nettoyage interdentaire restent la base. Pourtant, de la plaque subsiste souvent après le nettoyage mécanique, notamment entre les dents, le long des zones gingivales difficiles d’accès et autour des restaurations ou des implants.

Lumoral est un dispositif médical de classe IIa utilisé en complément des soins bucco-dentaires mécaniques quotidiens. Le traitement associe un bain de bouche photosensible, une lumière bleue antibactérienne et une lumière proche infrarouge.

Dans l’étude randomisée HOPE-CP, 200 adultes atteints de parodontite traitée ont reçu les soins de maintenance parodontale habituels. La moitié d’entre eux a également utilisé régulièrement à domicile la thérapie dual-light. Après trois et six mois, ce groupe présentait en moyenne moins de saignements gingivaux, moins de plaque visible et moins de sites avec des poches parodontales profondes que le groupe bénéficiant uniquement des soins habituels. Après six mois, 2,2 fois plus de participants du groupe Lumoral avaient atteint le seuil clinique correspondant à des gencives saines : 51 % contre 23 % dans le groupe témoin.

Cette étude montre une amélioration du contrôle de la plaque et de la santé gingivale. Elle ne démontre pas que Lumoral prévient la bactériémie ou l’endocardite infectieuse. Lumoral ne remplace pas non plus le brossage, les soins bucco-dentaires professionnels ou l’antibioprophylaxie lorsque celle-ci est médicalement indiquée.

Sa place est donc claire : un soin complémentaire à domicile pour aider à mieux maîtriser la charge bactérienne dans la bouche, la plaque et l’inflammation gingivale, dans le cadre d’un plan de prévention coordonné par le dentiste et le cardiologue.

Une dose cible une intervention. Les soins bucco-dentaires comptent chaque jour.

La prévention de l’endocardite ne se limite pas à un médicament administré juste avant un traitement. L’antibioprophylaxie peut être importante chez certains patients à haut risque, tandis que des soins bucco-dentaires quotidiens et rigoureux contribuent à réduire la charge bactérienne dans la bouche et à mieux maîtriser la plaque, l’inflammation gingivale et les infections dentaires.

Chez les personnes présentant un risque accru, une bouche saine n’est pas un détail. Elle fait partie des précautions médicales générales. La meilleure approche associe une évaluation correcte du risque, des soins professionnels en temps utile, un usage raisonné des antibiotiques lorsque cela est nécessaire et des soins bucco-dentaires rigoureux pendant tous les autres jours de l’année.

Vous présentez une affection cardiaque et vous vous interrogez sur votre niveau de risque ? Parlez-en à votre cardiologue et à votre dentiste avant tout acte dentaire invasif.

Cet article fournit des informations générales et ne remplace pas un avis médical ou dentaire personnalisé.

Sources

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